Il était une fois, en Alexandrie, Euclide, un géomètre qui avait pour habitude de donner ses cours avec en main un bâton. Ce seul instrument lui servait à beaucoup de choses, et en particulier à convaincre ses élèves de quelques propriétés d’un monde que nous connaissons bien puisqu’en première approximation nous y circulons : et c’est le monde euclidien.

Ce bâton était pour Euclide à la fois un sceptre, une règle, une métaphore, un doigt, un crayon pour tracer des figures dans le sable, et sans doute aussi un bâton à usage coercitif. Le bâton d’Euclide était pour tous le symbole du savoir qu’on transmet. Du reste, les plus anciens d’entre vous se souviennent peut-être que dans leur enfance, les enseignants des petites classes manipulaient de semblables objets, en l’espèce de longues baguettes à section carrée, aux multiples et redoutables usages.

Un jour, Euclide en eut assez d’enseigner. Il voulut disparaître dans le désert. Avant de partir, il transmit son bâton à celui d’entre ses étudiants qu’il appréciait le plus : Aristarque de Samos, bien connu des astronomes pour ses études sur les mouvements des corps célestes (Traité sur les grandeurs et les distances du Soleil et de la Lune circa 280 av. JC).

Retour en haut